Le Quesnoy est rarement aussi animé qu’à l’occasion de l’Anzac Day. Depuis un siècle, cette petite ville française située à 19 000 km d’Aotearoa se rassemble avec ses amis kiwis pour commémorer ses libérateurs venus du bout du monde.
L’Anzac Day 2026 n’était que la troisième édition de cette date particulière depuis l’ouverture de Te Arawhata, et pourtant une véritable tradition est déjà en train de naître, avec un week-end entier d’événements commémoratifs et d’activités s’étendant bien au-delà du 25 avril.
Cérémonie du Last Post
Le week-end a débuté par une cérémonie solennelle rappelant les sonneries de clairon marquant la fin d’une journée de combat. Le Last Post a résonné sur le parvis de Te Arawhata devant plus de 150 participants.
L’Ode du Souvenir a ensuite été lue en français, en te reo māori et en anglais par Anne-Marie Pottier, Tama Potaka et Lily Bartlett. La foule a répondu d’une seule voix : « nous nous souviendrons d’eux ».
Cette cérémonie a été suivie d’une prestation exceptionnelle et pleine de vie de kapa haka par les membres du London Māori Club, Ngāti Rānana, puis d’un moment convivial favorisant les échanges et les rencontres appelés à se renforcer tout au long du week-end.
Coquelicots et poésie
Le Quesnoy était enveloppé de brouillard le matin du samedi 25 avril. Malgré cette atmosphère sombre et pesante, une vingtaine de visiteurs se sont réunis au cimetière communal militaire de Le Quesnoy pour rendre hommage aux 138 soldats du Commonwealth qui y reposent, dont 50 Néo-Zélandais.
Parmi eux se trouvaient Paul et Lisa Clark, venus de Hamilton, en Nouvelle-Zélande, pour passer l’Anzac Day à Le Quesnoy, où le grand-père de Paul, Horatio Clark, reçut la Distinguished Conduct Medal le 4 novembre 1918.
Paul a lu la citation relatant les actes héroïques de Horatio ce jour-là, tout en partageant des souvenirs plus personnels de l’homme qu’il connaissait comme son grand-père : des repas d’agneau rôtis accompagnés de leurs garnitures, des conserves maison dégustées avec de la glace à la vanille.
Ses paroles ont rappelé que ces soldats étaient des hommes simples qui, s’ils en avaient la chance, rentraient chez eux pour poursuivre leur vie, fonder une famille et bâtir notre pays.
Les participants ont ensuite écouté le poème The Send Off de Wilfred Owen avant d’être invités à déposer des coquelicots sur les tombes des disparus. Ce moment, parmi les plus émouvants du week-end, a ouvert avec justesse les commémorations de l’Anzac Day.
Visites du musée et des remparts
Tout au long du week-end, l’équipe de Te Arawhata a proposé des visites du musée et des remparts de Le Quesnoy.
Les visiteurs ont pu découvrir en profondeur non seulement les contenus du musée, mais aussi les thèmes et la philosophie qui les sous-tendent.
Sur les remparts, les visites ont retracé les pas des soldats néo-zélandais, en revenant sur les moments clés de l’assaut : le départ, l’approche puis la célèbre ascension à l’échelle.
Déjeuner de l’Association Le Quesnoy–Nouvelle-Zélande et projection du film
Depuis 26 ans, l’Association Le Quesnoy–Nouvelle-Zélande accueille des Néo-Zélandais lors d’un pique-nique annuel pour l’Anzac Day. Te Arawhata est ravi de collaborer avec cette organisation qui a poursuivi cette tradition à l’Hôtel de Ville de Le Quesnoy.
Les visiteurs kiwis ont pu déguster des baguettes garnies et de délicieuses salades, avant d’assister à la projection du documentaire de Peter Jackson They Shall Not Grow Old.
Le Dîner de l’Anzac
Moment central de l’Anzac Day à Le Quesnoy, le dîner annuel a rassemblé environ 150 convives autour d’un repas en trois services au Centre Lowendal, réunissant habitants et Néo-Zélandais autour de tables de huit.
La soirée a été ouverte par notre formidable maître de cérémonie, Lindsay Vanstavel de Te Arawhata, suivie des discours d’Elizabeth Wratislav, directrice de Te Arawhata, de l’ambassadrice de Nouvelle-Zélande en France Joanna Kempkers, de Madame le Maire Marie-Sophie Lesne et du président de l’Association LQNZ Jean-Philippe Froment.
Mais la soirée a véritablement pris vie lors des deux performances.
Ngāti Rānana est d’abord revenu après un puissant haka pōwhiri et karanga pour interpréter waiata, poi et haka.
Pour conclure, ils ont invité les Kiwis à les rejoindre sur scène pour Tūtira Mai Ngā Iwi, l’un des chants les plus emblématiques de Nouvelle-Zélande, célébrant la communauté et l’interconnexion.
Ensuite, la soprano Alexis Francis, originaire d’Auckland et basée à Londres, a ému les invités aux larmes avec trois chansons accompagnées au piano par le musicien local Nathan Degrande. La rencontre entre artistes venus des deux extrémités du monde fut particulièrement magique, notamment lors de leur interprétation de Pōkarekare Ana, très chère aux habitants de Le Quesnoy.
Très vite, les barrières — y compris celles de la langue — sont tombées, et Kiwis et Quercitains ont partagé une soirée de grande amitié et de mémoire.
Te Arawhata adresse ses remerciements particuliers à JANE Traiteur, aux étudiants de l’Institut Sainte-Jeanne d’Arc pour leur excellent service, à LocaDéco pour la superbe décoration de la salle, ainsi qu’à Léonie Vandeputte, apprentie de Te Arawhata, pour l’organisation remarquable de cet événement.
Commémorations officielles
Ces trois jours de mémoire se sont conclus par les commémorations officielles traditionnelles organisées le dimanche le plus proche du 25 avril. Plus de 300 personnes ont assisté à une cérémonie émouvante reliant Te Arawhata, les monuments commémoratifs de Le Quesnoy et l’Hôtel de Ville, où les discours ont été suivis d’un moment convivial.
Une fois encore, Ngāti Rānana a donné toute sa dimension à l’événement avec ses waiata et haka, dont l’écho résonnera dans les rues de Le Quesnoy jusqu’à l’Anzac Day 2027.
Un week-end mémorable
Les commémorations de l’Anzac Day à Le Quesnoy continuent de gagner en importance et s’imposent comme un rendez-vous incontournable pour les Néo-Zélandais. En 2026, plus de 60 Kiwis ont fait le déplacement dans cette petite ville du nord de la France pour rendre hommage à l’engagement militaire de leur pays. Parmi eux, nombreux étaient ceux ayant un lien personnel avec l’histoire de la libération, tandis que d’autres venaient se rapprocher de leur terre natale après des années passées à l’étranger.
Pour les habitants, il est clair que cette journée est devenue l’une des plus importantes du calendrier. Célébrer l’Anzac Day fait désormais pleinement partie de l’identité quercitaine, et une véritable fierté entoure le lien entre Aotearoa et la « Cité des Chênes », Le Quesnoy.
Au fil des événements, nous avons vu des groupes de participants se former : les visiteurs sont rapidement devenus des connaissances, puis très vite des amis. Des couples et des petits groupes ont déjeuné au célèbre bar de Le Quesnoy, Le Māori 2.0. Les Néo-Zélandais ont découvert la traditionnelle bise française. Des adresses e-mail et des numéros de téléphone ont été échangés, créant des liens durables à travers le monde.
Te Arawhata organisera à nouveau un week-end complet d’activités pour marquer le 112ᵉ anniversaire de l’Anzac Day en 2027. Les billets sont généralement mis en vente en début d’année, mais vous pouvez d’ores et déjà manifester votre intérêt en écrivant à info@nzliberationmuseum.com.