Les visiteurs récents de Te Arawhata savent que des centaines de soldats néo-zélandais n’étaient pas à cheval, mais en selle sur l’humble bicyclette. Le corps des cyclistes néo-zélandais était une unité innovante et mobile, conçue pour être la cavalerie d’une nouvelle ère de guerre.
Mais saviez-vous que cette nouvelle ère avait commencé des décennies plus tôt et qu’au moment de la Première Guerre mondiale, le « soldat-cycliste » était présent sur tous les théâtres d’opérations et dans toutes les armées modernes ?
Le maître de conférences de l’Université de Lille, Arnaud Waquet, est revenu au Quesnoy ce mois-ci pour présenter ses recherches sur le rôle du vélo dans les conflits du début du XXe siècle.
Loin d’être un simple détail, la bicyclette constituait un élément central de l’armée moderne. Peu coûteuse à produire, facile à remplacer et, point crucial, capable de continuer à avancer sans nourriture ni eau, elle était considérée comme une alternative efficace au cheval. Elle ne dormait pas, ne s’effrayait pas, et même si elle reposait sur l’effort du soldat, il était plus facile de prévoir l’endurance d’un homme que celle d’un cheval.
Arnaud a expliqué que l’intérêt de l’armée britannique pour le vélo est apparu à la fin du XIXe siècle et a atteint son apogée pendant la seconde guerre des Boers (1899-1902). Plus de 16 000 soldats-cyclistes étaient déjà présents dans les rangs britanniques.
Du côté français, la popularité du Tour de France et d’autres grandes courses cyclistes européennes a entraîné d’importants investissements dans les unités cyclistes. Une innovation majeure fut l’invention du vélo pliant qui, selon son inventeur le lieutenant Henri Gérard, « devait permettre au cycliste de porter son vélo partout où celui-ci ne pouvait le porter ». Pesant environ 13 kilogrammes, le vélo plié était en réalité plus léger que l’équipement standard d’un fantassin.
D’autres innovations suivirent, aussi bien au front qu’à l’arrière : des tricycles équipés de mitrailleuses, des engins à pédales pour huit hommes conçus pour circuler sur des rails de train, et des vélos à propulsion manuelle pour les soldats blessés.
Après l’armistice, le cyclisme servit même de propagande. Quelques jours seulement après la signature du traité de Versailles, l’édition 1919 du Tour de France traversa les territoires d’Alsace-Lorraine récemment redevenus français. Le message était clair : ces terres sont à nouveau françaises.
La conférence d’Arnaud était la troisième organisée dans le cadre du partenariat entre Te Arawhata et l’Université de Lille. Nous nous réjouissons de proposer d’autres conférences de ce type à l’avenir !